La réponse pratique : entre 0 CHF et 600 CHF, selon ce que tu fais toi-même et selon que tu t'inscris au Registre du commerce ou non.
| Variante | Ce qui est inclus | Coûts |
|---|
| DIY sans Registre du commerce | Inscription AVS, factures personnelles | 0 CHF |
| DIY avec Registre du commerce via EasyGov | Inscription en ligne, émolument fédéral | env. 120 CHF |
| DIY avec légalisation notariale | Inscription avec signature légalisée | 130-150 CHF |
| Service de création en ligne (Fasoon, Startups.ch, Jurata) | Accompagnement complet, conseil | 150-300 CHF |
| Avec fiduciaire ou avocat | Accompagnement total, conseil fiscal | 400-1'000 CHF |
Les variantes plus chères sont rarement nécessaires. Si ton modèle d'affaires est simple et que tu n'as pas besoin de modèles de contrats, tu te débrouilles très bien avec la voie DIY via EasyGov. Garde plutôt ton argent pour la RC professionnelle et un bon outil comptable.
Tu dois t'inscrire dès que tu rédiges régulièrement des factures à des clients et que l'activité est conçue pour durer. En pratique : après les deux ou trois premières factures, ou si tu prévois de réaliser plus de CHF 2'500 de revenu net par an. Une facture unique n'exige pas encore d'inscription.
Le délai le plus important est le suivant : une fois le statut « indépendant » obtenu, tes charges sociales courent. L'AVS calcule rétroactivement à partir de la date de ta première activité commerciale. Si tu as attendu six mois, tu reçois une facture pour six mois. S'inscrire rapidement après les premières factures évite du stress.
Un exemple chiffré fictif : Sarah, une coach fictive de Berne, commence en mars, obtient deux clients, rédige cinq factures pour un total de CHF 8'000. En mai, elle s'inscrit à l'AVS. En juillet, la reconnaissance arrive. Elle paie rétroactivement les cotisations AVS depuis mars sur le bénéfice net effectif, ce qui représente quelques centaines de francs pour ce volume. Si elle avait attendu un an, elle aurait reçu d'un coup une facture annuelle d'environ CHF 1'200, plus les intérêts moratoires.
Les assurances sociales suisses sont le sujet qui fait le plus peur aux indépendants. La réalité est gérable. Tu paies moins qu'un salarié, mais tu as aussi moins de protection. Qui le comprend planifie en conséquence.
Dès que tu es reconnu, tu paies l'AVS/AI/APG sur ton bénéfice net. En 2026, le taux de cotisation se situe entre 5,371 % et 10 %, échelonné selon le revenu :
- Bénéfice net inférieur à CHF 9'800 : cotisation minimale CHF 514 / an.
- Bénéfice net entre CHF 9'800 et 58'800 : progression échelonnée de 5,371 % à 10 %.
- Bénéfice net supérieur à CHF 58'800 : taux plein de 10 %.
Pour un consultant IT fictif comme Marco de Zoug avec CHF 120'000 de bénéfice net, cela représente CHF 12'000 d'AVS par an. Pour une webdesigner fictive Anna de Zurich avec CHF 50'000 de bénéfice net, cela fait environ CHF 4'200. Ces cotisations sont entièrement déductibles comme charges d'exploitation, ce qui réduit ta facture fiscale.
Dès que tes honoraires bruts annuels dépassent CHF 22'680 (seuil d'entrée LPP 2026), tu dois t'affilier à une caisse de pension ou à un 2e pilier pour indépendants (par exemple via la caisse de compensation AVS ou une institution de prévoyance privée). Sous ce seuil, la LPP est volontaire.
Conseil de pro : même si ce n'est pas obligatoire, le 3e pilier A volontaire est souvent intéressant. Jusqu'à CHF 7'258 par an (2026) sont déductibles en tant que personne privée, jusqu'à 20 % du bénéfice net (max. CHF 36'288) pour les indépendants sans caisse de pension.
Les indépendants ne sont pas soumis à la LAA. Tu es assuré pour les accidents via ta caisse maladie (avec un complément, sur demande). Une assurance accidents séparée n'est pas obligatoire, mais peut être utile pour les indépendants exerçant une activité physique.
Il n'y a pas d'impôt sur les sociétés séparé. Le résultat de ton activité s'intègre directement dans ta déclaration fiscale privée. Ton bénéfice net (chiffre d'affaires moins charges d'exploitation moins cotisations AVS) s'ajoute à tes autres revenus et est imposé selon le barème ordinaire de ton canton. C'est nettement plus simple que la création d'une Sàrl, mais cela peut devenir fiscalement plus coûteux pour des revenus très élevés.
Sont déductibles toutes les dépenses justifiées par l'exploitation : loyer du bureau ou forfait home-office, ordinateur, logiciels, voyages, formation continue, téléphone, RC professionnelle, cotisations AVS, 3e pilier A (au prorata), repas chez le client. Conserve les justificatifs de tout. L'administration fiscale suisse accepte en règle générale une photo numérique ou un PDF, tant que la date, le montant et l'émetteur sont visibles.
Si trier constamment les justificatifs te pèse : le scanner de justificatifs IA de Magic Heidi lit automatiquement la date, le montant, la TVA et le fournisseur, tu n'as plus qu'à prendre la photo.
Beaucoup commencent leur activité indépendante en parallèle d'un emploi salarié. C'est légal et souvent intéressant fiscalement, mais cela comporte deux particularités. Premièrement : dès que ton activité accessoire génère plus de CHF 2'500 / an de revenu net, les indépendants à titre accessoire déclarent aussi cette activité à la caisse de compensation AVS. Tu paies alors séparément l'AVS sur l'activité accessoire.
Deuxièmement : ton employeur principal n'a en règle générale pas besoin de donner son accord, à condition que ton contrat de travail ne contienne pas de clauses contre l'activité concurrente. Clarifie cela d'abord avec ton contrat, pas avec ton chef. Si ton contrat prévoit un devoir de fidélité ou une clause de non-concurrence, cela peut poser problème.
Une situation fictive : Luc travaille à 80 % comme ingénieur en construction mécanique à Aarau et fait du conseil en parallèle pour des entreprises familiales. En deux ans, l'activité accessoire rapporte CHF 30'000. Il s'inscrit à l'AVS, paie en plus l'AVS sur ce montant, mais peut déduire toutes les charges d'exploitation (ordinateur portable, logiciels, déplacements chez le client). Il en profite fiscalement, car son taux effectif de charges d'exploitation est d'environ 25 %. Dès que l'activité accessoire atteint CHF 60'000 et tourne de façon stable, Luc envisage de basculer vers l'activité principale.
Oui, sans restriction. Une raison individuelle n'a aucun capital minimum. Tu n'as besoin ni d'un compte bloqué comme pour la Sàrl (CHF 20'000) ni d'un investisseur. Ce dont tu as besoin, ce sont des premiers clients et un peu de liquidités pour passer les deux à trois premiers mois, jusqu'à ce que les factures soient payées.
Les risques sont à considérer de manière réaliste. Tu réponds personnellement avec ton patrimoine privé des dettes commerciales. Quiconque possède une maison ou des économies importantes ne devrait pas faire l'impasse sur la RC professionnelle, et envisager éventuellement tôt la transformation en Sàrl (lorsque le bénéfice net est durablement supérieur à CHF 100'000).
En pratique, les premières dépenses les plus fréquentes sur les 12 premiers mois sont :
- Ordinateur portable ou logiciels : CHF 2'000-4'000
- RC professionnelle : CHF 250-1'500
- Outils et abonnements (comptabilité, hébergement, Adobe, etc.) : CHF 1'000-2'500
- Acomptes AVS (basés sur une estimation) : CHF 2'000-8'000
- Optionnel : premier site web, cartes de visite, publicité CHF 500-2'000
Tu n'as pas besoin de plus pour commencer. Ne te laisse pas convaincre de prendre un crédit ou de grandes visites de bureaux avant que ton activité ne tourne de façon stable.
La règle empirique : à partir d'un bénéfice net stable de CHF 100'000 à 120'000 par an, la transformation en Sàrl devient souvent intéressante, surtout pour des raisons de responsabilité et de fiscalité. Une Sàrl avec CHF 20'000 de capital minimum protège ton patrimoine privé, permet un versement de salaire à toi-même (avec des avantages en matière d'assurances sociales) et peut thésauriser le bénéfice dans l'entreprise. La transformation coûte CHF 1'500 à CHF 4'000 avec notaire et fiduciaire.
Reste en raison individuelle si tu es sous CHF 80'000 de bénéfice net par an, que tu as un modèle d'affaires simple et que tu veux éviter la complexité de la Sàrl. Au-dessus de CHF 120'000, la Sàrl devient souvent la meilleure solution. Entre CHF 80'000 et CHF 120'000, il y a une zone grise dans laquelle un bref entretien avec un fiduciaire t'épargne de l'argent.
Des entretiens avec des centaines d'indépendants suisses, ce sont toujours les mêmes erreurs qui reviennent :